Enfin les vacances !

    Nuageuses, d'ailleurs. Je me suis donc mise à lire un livre intitulé Entre source et nuage, de François Cheng. Il s'agit d'une anthologie de poésie chinoise. 

    Et là, j'ai fait une découverte : j'aime passionnément la poésie de Li Po et de Tu Fu, deux des trois grands poètes de T'ang, l'un taoïste et l'autre confucéen, ayant vécu au VIIIè siècle. J'aime cette brièveté, cette concision qui les caractérisent. J'aime leur regard sur le monde : chaque regard sur la nature est poétisé, chaque sentiment l'est aussi, et chaque sensation. On ne peut douter de l'harmonie intérieure que devaient ressentir ces deux poètes, même s'ils ont traversé des périodes difficiles.

    Voici un petit aperçu de leur oeuvre :

Li Po :

A un ami qui m'interroge

Pourquoi vivre au coeur de ces vertes montagnes ?
Je souris, sans répondre ; l'esprit tout serein.
Tombent les fleurs, coule l'eau, mystérieuse voie...
L'autre monde est là, non celui des humains.

Pensée nocturne

Devant mon lit, la clarté lunaire
Est-ce du givre couvrant la terre ?
Tête levée, je vois la lune ;
Yeux baissés songe au sol natal.

Tu Fu :

Ballade

Quand on tend son arc
Faut le tendre fort !
Quand on prend sa flèche,
Faut la choisir longue !
Avant d'attaquer,
visons le cheval.
S'il faut des captifs,
saisissons le chef.

Dans la tuerie,
il y a une limite.
A chaque pays
ses propres frontières :
Pourvu qu'on repousse
les envahisseurs !
A quoi bon alors
massacrer sans fin ?

    Je suis loin d'être une connaisseuse en poésie asiatique (je n'y connais même rien du tout). Cependant, selon mes faibles leçons philosophiques et littéraires, j'ai l'impression de repérer quelques caractéristiques importantes dans ces poèmes. L'évocation de la nature est toujours là, comme dans le haïku, souvenez-vous. Les quatrains de Li Po commencent tous par une phrase-amorce narrative. Il donne un cadre de récit à la contemplation et aboutit à un questionnement. La nature n'est pas évoquée pour sa beauté mais pour les interrogations qu'elle suscite. Le poème de Tu Fu ressemble aux proverbes ou préceptes de Confucius, par le caractère haché des vers. Son propos prend alors beaucoup de force.

    Ma proposition de vandalisme à partir de ces poètes considérés comme les plus grands en Chine :

    Inspirez-vous librement de ce que vous venez de lire et peut-être de découvrir ! Lisez-les, choisissez celui que vous préférez et écrivez à leur manière. Peu importe si vous n'êtes pas d'accord avec ma petite analyse ci-dessus : la poésie est une question de ressenti personnel. Vous n'êtes pas obligés non plus d'écrire aussi long que Tu Fu. Enfin, vous pouvez  utiliser d'autres poèmes de ces auteurs si ceux-ci ne vous conviennent pas.

Bon vandalisme !

Pimprenelle

Samedi 7 juillet 2007
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